Big Four : Deloitte, EY, KPMG ou PwC, les vraies différences pour choisir où postuler
Pour un premier emploi, les quatre Big Four se ressemblent davantage qu'on ne le dit dans les écoles : grilles de salaire proches, même progression de junior à associé, mêmes clients du CAC 40, mêmes périodes chargées de janvier à avril. Ce qui doit guider le choix, c'est d'abord le métier visé, audit, conseil, transactions ou fiscalité, puis la spécialité de l'équipe que vous rejoindrez, bien plus que la marque. Les différences de réputation entre cabinets existent, mais elles comptent moins que celles entre deux équipes d'un même cabinet.
Quatre tailles et quatre équilibres entre audit et conseil
| Cabinet | Chiffre d'affaires mondial 2024 | Effectifs | Réputation la plus répandue |
|---|---|---|---|
| Deloitte | 67,2 Md$ | ~460 000 | Le plus gros, très présent dans le conseil technologique |
| PwC | 55,4 Md$ | ~370 000 | Référence en audit des banques et assurances |
| EY | 51,2 Md$ | ~390 000 | Fort en transactions et en fiscalité |
| KPMG | 38,4 Md$ | ~275 000 | Le plus centré sur l'audit, structure plus resserrée |
La taille n'a qu'un effet indirect sur un premier poste : un cabinet plus gros propose plus d'équipes spécialisées et de mobilités internes, un cabinet plus petit des équipes où l'on est plus vite exposé aux associés. Pour comprendre ce qu'est l'audit légal et pourquoi audit et conseil cohabitent mal, voyez notre article sur ce que font vraiment les Big Four.
Le métier compte plus que le cabinet
L'audit est la porte d'entrée la plus large. On y apprend la comptabilité de nombreux secteurs, le contrôle interne, les normes IFRS, et l'on prépare souvent le diplôme d'expertise comptable, qui ouvre au titre de commissaire aux comptes. C'est la voie la plus directe vers les directions financières d'entreprise.
Les transactions, appelées Transaction Services, Deals ou Financial Advisory selon le cabinet, regroupent les due diligences financières, les évaluations et les restructurations. Le rythme suit celui des acquisitions, et c'est la voie la plus fréquente vers les fonds d'investissement et les banques d'affaires.
Le conseil couvre des métiers très différents : systèmes d'information, cybersécurité, ressources humaines, opérations, stratégie. Chaque cabinet a sa marque de conseil en stratégie, issue d'un rachat : Monitor Deloitte, Strategy& chez PwC, ancien Booz & Company acheté en 2014, et EY-Parthenon.
La fiscalité attire des profils juridiques. En France, elle s'exerce dans des sociétés d'avocats associées à chaque réseau : Deloitte Société d'Avocats, PwC Société d'Avocats, EY Société d'Avocats, KPMG Avocats.
Les réputations tiennent en partie du cliché
Chaque cabinet traîne une réputation, entretenue par les forums d'étudiants et les témoignages en ligne. Deloitte passe pour le plus tourné vers la croissance et la technologie, EY pour le plus attentif à l'ambiance et à la diversité, PwC pour le plus prestigieux sur l'audit financier, KPMG pour le plus calme. Ces images contiennent une part de vérité au niveau mondial, et s'effacent souvent au niveau d'un bureau.
Un candidat a plus à apprendre en rencontrant l'équipe qu'en lisant ces portraits : nombre de mandats par auditeur pendant la saison chargée, part de clients cotés, ambiance du manager direct, possibilité de changer d'équipe au bout de deux ans. Les forums écoles, les stages de fin d'études et les journées de recrutement servent précisément à poser ces questions.
Choisir selon l'étape suivante
La plupart des juniors ne font pas carrière dans leur Big Four : ils y passent trois à six ans, puis partent. Le bon choix dépend donc souvent de l'étape d'après.
- Direction financière d'un grand groupe : l'audit, dans n'importe lequel des quatre, sur des clients de votre secteur cible
- Fonds d'investissement ou banque d'affaires : les équipes de transactions, où EY, PwC et Deloitte ont les plus grosses équipes en France
- Conseil en stratégie : les marques de stratégie internes, Monitor Deloitte, Strategy& ou EY-Parthenon, plutôt que le conseil en systèmes d'information
- Commissaire aux comptes ou associé : l'audit, avec le diplôme d'expertise comptable en ligne de mire
- Technologie et cybersécurité : les équipes de conseil technologique, où Deloitte est le plus présent
Orientation selon le projet
Des salaires presque alignés entre les quatre
À niveau et métier équivalents, les salaires diffèrent peu d'un cabinet à l'autre : ils se suivent de près pour ne pas perdre de candidats. Les écarts viennent surtout du métier, les transactions et le conseil en stratégie payant un peu mieux que l'audit, et de la ville, Paris payant mieux que les bureaux régionaux. Les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur pour Paris, relevés dans les enquêtes de rémunération et les témoignages publiés, et non des grilles officielles.
| Niveau | Expérience | Rémunération brute annuelle, ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Junior | 0 à 2 ans | 40 000 à 50 000 € |
| Senior | 3 à 5 ans | 55 000 à 75 000 € |
| Manager | 6 à 9 ans | 80 000 à 110 000 € |
| Senior manager ou directeur | 10 à 15 ans | 120 000 à 180 000 € |
| Associé | 15 ans et plus | Part des bénéfices, très variable |
Les heures supplémentaires de la saison chargée sont rémunérées ou récupérées selon les accords de chaque cabinet : c'est une question à poser à l'entretien, car elle change sensiblement la rémunération réelle d'un junior en audit. Pour préparer la discussion, notre article sur la négociation salariale donne quelques repères.
Forvis Mazars et les autres sont une vraie alternative
En France, les Big Four ne sont pas seuls. Forvis Mazars, présent sur de nombreux mandats du CAC 40 grâce au co-commissariat, Grant Thornton, BDO, RSM ou Exco proposent les mêmes métiers, avec souvent des équipes plus petites, une exposition plus rapide aux clients et parfois plus de responsabilités tôt. Pour un parcours en audit, le nom du cabinet pèse moins sur un CV que les clients traités et le diplôme d'expertise comptable.
- Salaires et grilles de carrière sont presque identiques entre les quatre Big Four.
- Le métier, audit, transactions, conseil ou fiscalité, compte plus que la marque.
- Chaque cabinet a sa marque de conseil en stratégie : Monitor Deloitte, Strategy&, EY-Parthenon.
- Les réputations culturelles s'effacent souvent au niveau de l'équipe : rencontrez-la.
- Forvis Mazars, Grant Thornton ou BDO sont des alternatives sérieuses en France.
Questions fréquentes
Peut-on passer d'un Big Four à un cabinet de conseil en stratégie ?
Oui, c'est un parcours fréquent, plus facile depuis les équipes de stratégie internes ou de transactions que depuis l'audit. Il faut en général deux à quatre ans d'expérience et des missions réellement stratégiques. Notre article sur les cabinets de conseil en stratégie détaille ces cabinets.
Combien de temps reste-t-on en moyenne dans un Big Four ?
La plupart des juniors partent entre trois et six ans après leur arrivée, souvent juste après la promotion de manager ou le diplôme d'expertise comptable. Le modèle est pyramidal : il y a peu de places d'associé, et les cabinets le savent en recrutant.
Faut-il sortir d'une grande école ?
Non. Les grandes écoles de commerce restent très représentées, mais les quatre cabinets recrutent aussi beaucoup en masters universitaires, notamment en comptabilité, contrôle et audit, et en alternance. Le stage de fin d'études reste la porte d'entrée la plus efficace, quel que soit le diplôme.