Safran : le champion de l'aéronautique française que le monde entier envie
Il y a de bonnes chances que le prochain avion dans lequel vous monterez soit équipé de composants fabriqués par Safran. Le groupe est un acteur incontournable de l'aéronautique mondiale : ses moteurs (via CFM International, joint-venture avec GE Aerospace) équipent la majorité des court et moyen-courriers du monde (Airbus A320, Boeing 737...), ses systèmes de train d'atterrissage et de nacelles sont présents sur tous les grands programmes, et sa branche défense fabrique des équipements utilisés par des dizaines de pays. C'est l'un des piliers industriels français les plus importants, et un recruteur majeur de profils scientifiques et ingénieurs.
De la SNECMA à Safran : une histoire industrielle française
Safran est le résultat de la fusion en 2005 de la SNECMA (Société Nationale d'Étude et de Construction de Moteurs d'Aviation) et de Sagem (Société d'Applications Générales de l'Électricité et de la Mécanique). La SNECMA était la grande société nationalisée française de moteurs aéronautiques, fondée en 1945 à partir de la reconstruction des capacités industrielles françaises de l'après-guerre. Elle s'est illustrée notamment par sa participation au programme Concorde (moteurs Olympus 593, en coopération avec Rolls-Royce) et par le développement des moteurs de combat (M88 du Rafale).
La fusion avec Sagem a créé un groupe plus large couvrant à la fois la propulsion aéronautique et les systèmes électroniques de défense. En 2011, le groupe a pris le nom de Safran. En 2016, Safran a réalisé une acquisition majeure en rachetant Zodiac Aerospace pour 8,5 milliards d'euros, devenant ainsi l'un des plus grands équipementiers aéronautiques du monde (sièges d'avion, systèmes cabine, galleys, toilettes, systèmes d'évacuation...).
Les trois grandes divisions de Safran
Le groupe est organisé autour de trois pôles principaux. Safran Aircraft Engines est le fleuron historique : moteurs à réaction pour avions civils (CFM International joint-venture avec GE) et militaires (M88 du Rafale, moteurs de drone MALE). La joint-venture CFM est l'une des plus importantes de l'industrie mondiale : CFM56 (déjà plus de 33 000 moteurs livrés) et le LEAP (nouvelle génération, équipe l'A320neo et le Boeing 737 MAX). Safran Aerospace Propulsion inclut aussi les moteurs de satellites et de roquettes (propulsion spatiale), et les turbopropulseurs (ATR). Safran Equipment & Systems regroupe les trains d'atterrissage, les nacelles moteur, les systèmes électriques et hydrauliques, et les systèmes de sécurité cabine. Safran Defense & Security couvre la navigation inertielle, l'identification et biométrie (passeports biométriques, contrôle aux frontières), les drones et les systèmes optroniques.
Salaires et recrutement chez Safran
Safran est l'un des plus grands recruteurs de France en ingénierie et sciences. Le groupe recrute environ 10 000 à 15 000 personnes par an dans le monde, dont plusieurs milliers en France. Les profils très recherchés sont les ingénieurs mécaniques, aéronautiques, électroniques, en propulsion, en matériaux composites, en informatique embarquée et en systèmes. Safran offre aussi des postes en gestion de programme, supply chain, finances et RH.
| Profil | Salaire brut annuel estimé (France) |
|---|---|
| Ingénieur débutant (Bac+5) | 38 000 - 46 000 € |
| Ingénieur confirmé (3-7 ans) | 50 000 - 70 000 € |
| Ingénieur expert / Senior (8+ ans) | 65 000 - 90 000 € |
| Manager de programme | 75 000 - 110 000 € |
| Technicien supérieur | 30 000 - 40 000 € |
Safran offre des conditions avantageuses pour les ingénieurs : intéressement et participation, plan d'actionnariat salarié (Safran Shares), tickets restaurant, mutuelle groupe, et une politique de mobilité interne entre les différentes filiales du groupe. L'état actionnaire (l'État français détient ~11 % du capital) contribue à une certaine stabilité.
Safran dans le CAC 40
Safran est coté à la Bourse de Paris (compartiment A de l'Euronext) et fait partie du CAC 40. Sa capitalisation boursière se situe autour de 70 à 90 milliards d'euros selon les périodes, ce qui en fait l'une des plus grosses capitalisations de l'indice. L'État français reste actionnaire via l'APE (Agence des Participations de l'État). Cette présence étatique est cohérente avec le caractère stratégique de Safran pour la défense nationale : les moteurs du Rafale, les systèmes de navigation des missiles, les équipements biométriques des passeports européens... sont des actifs sensibles pour lesquels l'État maintient un "droit de regard".
- Safran est né de la fusion SNECMA-Sagem en 2005, enrichi du rachat de Zodiac Aerospace en 2016 : ~100 000 personnes, ~28 Md€ de CA.
- Ses moteurs CFM (joint-venture avec GE) équipent la majorité des avions court/moyen-courriers dans le monde (A320, B737).
- Trois pôles : Aircraft Engines, Equipment & Systems, Defense & Security (navigation inertielle, biométrie, drones).
- Grand recruteur : 10 000-15 000 embauches par an, salaire ingénieur débutant 38-46 K€ brut, carnet de commandes CFM garanti jusqu'à 2032+.
- Membre du CAC 40, avec l'État français comme actionnaire (11 %) pour des raisons de souveraineté stratégique.
Questions fréquentes
La crise du COVID a-t-elle affecté Safran ?
Oui, très sévèrement. L'effondrement du trafic aérien en 2020 a réduit drastiquement la demande de moteurs et de pièces de rechange, qui représente une part très importante des revenus récurrents de Safran (les compagnies paient des "power by the hour", facturation à l'heure de vol). Safran a enregistré des pertes significatives en 2020 et a dû réduire ses effectifs. Le rebond depuis 2022 a été très fort : le retour du trafic aérien mondial et l'urgence de remplacer les flottes vieillissantes ont créé une demande record pour les nouveaux moteurs LEAP et une pression sur la montée en cadence de production.
Safran produit-il des équipements liés au programme nucléaire français ?
Indirectement. Safran Defence produit des systèmes de navigation inertielle (utilisés dans les missiles et les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, SNLE), des systèmes optroniques pour les forces nucléaires et des équipements pour la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE). Ces activités sont classifiées et leur détail public est limité. Safran fait partie du tissu industriel de la dissuasion nucléaire française, aux côtés de Thales, MBDA et du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA).
CFM International et GE Aerospace : comment fonctionne cette joint-venture ?
CFM International est une joint-venture 50/50 entre Safran Aircraft Engines (ancienne SNECMA) et GE Aerospace (anciennement GE Aviation), créée en 1974. Les deux partenaires partagent le développement, la production et la commercialisation des moteurs CFM56 et LEAP. Chaque partenaire fabrique ses propres composants (Safran la soufflante et la turbine basse pression pour le LEAP, GE la turbine haute pression et le coeur) et les deux partenaires assemblent les moteurs dans leurs propres usines respectives. C'est une joint-venture de long terme très profitable pour les deux partenaires.