BearingPoint : ce cabinet de conseil que vous ne connaissez peut-être pas encore
BearingPoint est un cabinet européen de conseil en management et en technologie, issu de l'ancienne branche conseil de KPMG. Il a réalisé 1,026 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2025, emploie un peu plus de 6 000 personnes, et est présent directement dans 26 pays, surtout en Europe. Sa particularité tient à son histoire : la société américaine cotée qui portait ce nom a fait faillite en 2009, et la branche européenne a été rachetée par ses propres associés. Elle est depuis un partnership indépendant, détenu par eux. En France, où il a réalisé 216 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, il recrute chaque année de jeunes diplômés d'écoles de commerce et d'ingénieurs.
Une faillite américaine et un rachat par les associés européens
BearingPoint vient de KPMG Consulting, l'activité de conseil du réseau d'audit KPMG, séparée de celui-ci puis introduite en Bourse aux États-Unis en 2001, et rebaptisée BearingPoint en 2002. La séparation s'inscrivait dans un mouvement général : au début des années 2000, après la faillite d'Enron et la chute de son auditeur Arthur Andersen, les régulateurs américains ont poussé les cabinets d'audit à se défaire de leurs activités de conseil.
Fragilisée par des difficultés comptables et la crise financière, la société américaine s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites en février 2009. Ses activités ont été vendues par morceaux. En Europe, les associés ont racheté leurs équipes pour créer un cabinet indépendant, qui a conservé le nom. Le BearingPoint d'aujourd'hui n'a donc plus de lien capitalistique avec KPMG ni avec l'ancienne société cotée.
Du conseil en management qui va jusqu'à la mise en œuvre
BearingPoint se situe entre deux mondes. Comme les cabinets de conseil en management, il travaille sur l'organisation, la performance opérationnelle et la transformation des entreprises. Comme les spécialistes de la technologie, il conçoit et déploie des systèmes d'information, des projets de données et de cybersécurité. Son discours commercial repose sur cette continuité, de la recommandation au projet réalisé, là où les grands cabinets de stratégie s'arrêtent souvent à la recommandation.
Ses secteurs les plus importants sont les services financiers, banques et assurances, le secteur public, l'énergie, les transports et l'industrie. Le cabinet a longtemps eu une activité de logiciels pour le reporting réglementaire des banques. Il l'a vendue en 2020 au fonds Nordic Capital, et elle est devenue une société indépendante sous le nom de Regnology. Pour situer le cabinet face aux autres acteurs, voyez notre classement des cabinets de conseil.
| Repère | BearingPoint |
|---|---|
| Chiffre d'affaires 2025 | 1,026 milliard d'euros |
| Chiffre d'affaires 2024 | 1,069 milliard d'euros, record |
| Effectifs fin 2024 | Environ 6 200 personnes |
| Présence directe | 26 pays |
| Chiffre d'affaires France 2025 | 216 millions d'euros |
| Statut | Partnership indépendant, non coté |
Des salaires proches de ceux des Big Four
BearingPoint ne publie pas de grille. Les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur pour Paris, tirés des enquêtes de rémunération du secteur et des déclarations de salariés sur les sites spécialisés. Ils se situent au niveau des Big Four pour un premier poste, avec une part variable qui augmente avec l'ancienneté.
| Niveau | Expérience | Rémunération brute annuelle, ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Consultant | 0 à 2 ans | 40 000 à 48 000 € |
| Consultant senior | 3 à 5 ans | 55 000 à 70 000 € |
| Manager, senior manager | 6 à 10 ans | 80 000 à 120 000 € |
| Associé | 10 ans et plus | Part des bénéfices, très variable |
Pour comparer avec les quatre grands réseaux, notre article sur le Big Four à choisir donne leurs fourchettes, très proches.
Un recrutement par entretiens et cas pratiques
Le cabinet recrute surtout des diplômés d'écoles de commerce et d'ingénieurs, ainsi que des masters universitaires en management, finance, systèmes d'information ou données. Le stage de fin d'études est la voie d'entrée la plus fréquente, et se transforme souvent en embauche. Le processus comprend en général un entretien de motivation, un ou deux cas pratiques, souvent plus opérationnels et sectoriels que les cas de stratégie des grands cabinets américains, et un entretien final avec un manager ou un associé.
Les profils recherchés allient l'aisance avec les sujets de gestion et un vrai intérêt pour la technologie. Un candidat qui comprend comment fonctionne un système d'information bancaire, ou ce qu'implique une migration vers le cloud, a un avantage sur un profil purement généraliste.
Une mobilité tournée vers l'Allemagne et l'Europe
Le cabinet est historiquement très implanté dans les pays germanophones, Allemagne, Autriche et Suisse, ainsi qu'en France, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et dans les pays nordiques. Pour aller au-delà de l'Europe, il s'appuie sur des alliances avec d'autres cabinets. Les mobilités entre bureaux européens existent, surtout pour les profils qui parlent allemand ou anglais couramment, mais elles sont moins systématiques que dans les réseaux mondiaux.
- BearingPoint vient de KPMG Consulting, renommé en 2002.
- Après la faillite américaine de 2009, les associés européens ont racheté le cabinet.
- Environ un milliard d'euros de chiffre d'affaires et un peu plus de 6 000 personnes.
- Conseil en management et en technologie, fort dans la finance, le public et l'énergie.
- Salaires d'entrée proches des Big Four, autour de 40 000 à 48 000 euros bruts à Paris.
Questions fréquentes
BearingPoint fait-il partie des Big Four ?
Non. Les Big Four sont Deloitte, PwC, EY et KPMG, qui font de l'audit légal. BearingPoint ne fait pas d'audit des comptes : c'est un cabinet de conseil, plus petit, qui concurrence les activités de conseil des Big Four et les spécialistes du conseil en technologie.
BearingPoint est-il coté en Bourse ?
Non. Le BearingPoint actuel est un partnership détenu par ses associés. La société cotée de 2001 à 2009 était l'ancienne entité américaine, qui a fait faillite.
Quelle différence avec un cabinet de conseil en stratégie ?
Les cabinets de stratégie, comme McKinsey, le BCG ou Bain, travaillent surtout pour les directions générales sur les grandes orientations, sur des missions courtes. BearingPoint intervient davantage sur la transformation et sa mise en œuvre, avec des projets plus longs et une forte composante technologique. Notre article sur le conseil en stratégie détaille ce métier.