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Consultant GEO : ce qu'il fait vraiment, et lequel choisir

Publié le 16 septembre 2026 , 12 min de lecture

Deux professionnels en rendez-vous autour d'un ordinateur portable, l'un prenant des notes

Un dirigeant reçoit un appel : son entreprise n'apparaît pas dans ChatGPT, il faut agir, et le devis suit dans la foulée. Il signe, et six mois plus tard il ne sait toujours pas dire si quelque chose a bougé. La scène se rejoue tous les jours depuis dix-huit mois, parce que presque personne ne sait ce qu'un consultant GEO fait concrètement de son temps une fois le contrat signé.

Nous avons donc pris le problème par le calendrier plutôt que par les personnes. Voici ce qui se passe le premier mois, puis le deuxième, puis à partir du quatrième, ce que chaque étape doit produire comme livrable, le temps qu'elle demande, et quel profil français appeler à quel moment. C'est la façon la plus simple de juger si la proposition posée sur votre bureau tient debout.

Le GEO en une minute

Une recherche classique vous renvoyait une page de liens à trier vous-même. Une intelligence artificielle, elle, tranche à votre place : elle rédige un paragraphe, s'appuie sur deux ou trois sources qu'elle a jugées fiables, et referme la question. Le client, lui, s'arrête là. Pour une entreprise, tout l'enjeu tient désormais dans ces deux ou trois sources retenues.

Ce travail porte un nom, le GEO, pour generative engine optimization. Il hérite d'une bonne part du référencement classique, la structuration, la vitesse, la clarté du propos, mais deux particularités le rendent nettement plus glissant à vendre et à acheter. La première tient à l'instabilité : rejouez la même question une heure plus tard, la machine peut citer d'autres sources sans que rien n'ait changé chez vous. La seconde tient au périmètre : votre site pèse moins lourd, dans la décision du modèle, que l'ensemble de ce qui s'écrit ailleurs à votre sujet.

Ces deux particularités expliquent la quasi-totalité des malentendus du secteur. Une capture d'écran ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l'autre, et un site irréprochable mais invisible partout ailleurs restera peu cité. Un prestataire qui néglige l'un de ces deux points vous vendra un travail incomplet, même de bonne foi.

Premier mois : on mesure, on ne produit rien

C'est l'étape que les entreprises veulent sauter, et celle qui décide de tout le reste. Sans point de départ chiffré, vous paierez pendant un an sans jamais pouvoir dire si votre argent a servi à quelque chose.

Mesurer, ici, ne consiste pas à interroger ChatGPT devant vous en rendez-vous. Cela consiste à figer une liste de trente à cinquante questions, celles que posent réellement vos prospects avant de vous contacter, puis à les rejouer chaque semaine sur plusieurs moteurs en notant qui est cité et à quelle place. Le travail est fastidieux, peu spectaculaire, et c'est exactement ce qui sépare un diagnostic d'une impression.

Ce que vous devez recevoir à la fin du premier mois tient en trois pièces : la liste de questions, qui vous appartient, un premier relevé daté, et une lecture de ce relevé qui dit où vous êtes absent et pourquoi. Si le prestataire propose de commencer par écrire des articles, vous n'avez pas affaire à un consultant GEO mais à un rédacteur.

Deuxième et troisième mois : réparer avant d'ajouter

Le relevé fait presque toujours apparaître un problème que personne n'avait vu venir : les IA racontent des choses fausses. Un secteur d'activité qui n'est pas le vôtre, un dirigeant parti depuis trois ans, une confusion avec une société homonyme, une implantation inventée. Tant que cela dure, aucune production de contenu ne servira à rien, parce que la machine n'est pas certaine de savoir qui vous êtes.

Ce chantier ne se traite pas sur votre site. Il se traite à la source, c'est-à-dire partout où une information sur vous circule : registre du commerce, annuaires professionnels, presse, réseaux, bases de connaissances, avis. Un moteur a besoin de retrouver la même information à plusieurs endroits sans lien entre eux pour la considérer comme sûre. Tant qu'il n'y parvient pas, il choisira le silence plutôt que le risque de se tromper sur vous.

C'est souvent le chantier le plus rentable de toute la mission, et le moins gratifiant. Il ne produit aucun livrable qu'on puisse projeter en comité de direction, seulement la disparition progressive d'une erreur.

À partir du quatrième mois : produire, puis surveiller

Une fois le socle assaini, la production a un sens. Elle obéit à une règle différente de celle du référencement classique : ce qu'un modèle reprend, c'est un passage court, autonome et vérifiable, pas une page longue et brillante. Une page qui répond complètement à une question précise sera reprise plus facilement qu'un dossier qui en survole huit.

Vient enfin la partie que personne n'anticipe au moment de signer, la surveillance. Les modèles changent sans préavis, et un gain obtenu en juin peut disparaître à la version de septembre. Autrement dit, vous n'achetez pas un chantier qui se termine, vous prenez un abonnement à une surveillance. Autant que le contrat le formule ainsi dès le départ.

30 à 50Questions à figer avant de démarrer
1 par semaineRelevés, sur les mêmes questions
6 semainesPour obtenir un point de départ exploitable

Une chose mérite d'être dite sur ce calendrier : le mois que personne ne provisionne, c'est le deuxième. Mesurer se planifie, produire se planifie, mais faire rectifier une information erronée dépend d'interlocuteurs extérieurs, un annuaire, une rédaction, une base de connaissances, qui répondent quand ils le décident. Une entreprise qui bâtit son planning sur les seules étapes maîtrisables se retrouve immanquablement en retard sur celle-là.

Qui appeler, et à quel moment

Les professionnels français qui travaillent sérieusement le sujet n'exercent pas le même métier, et c'est pour cette raison que désigner un meilleur consultant GEO dans l'absolu n'a pas de sens. En revanche il existe un bon interlocuteur pour chaque étape du calendrier ci-dessus. Les sept profils qui suivent ont été retenus sur un seul critère, la trace publique consultable : études, outils, formations, interventions en conférence. Ils ne sont pas classés entre eux.

Pour le premier mois, la mesure puis l'exécution. Josselin Leydier travaille depuis la Drôme, à la fois pour sa propre société et comme consultant salarié sur des grands comptes, et tient llm-geo.fr, où ses expérimentations sont publiées protocole compris. Ouvrez-en une : vous saurez sur quel site elle a été menée, ce qui y a été modifié, quand, et ce que cela a donné. Les tentatives sans effet n'ont pas été retirées du site, détail qui pèse plus lourd qu'il n'y paraît quand on cherche à savoir si on vous montre l'ensemble ou une vitrine. Pour une entreprise de taille moyenne, son intérêt tient surtout à ce qu'il exécute le plan qu'il a rédigé au lieu de le remettre à quelqu'un d'autre.

Pour le deuxième mois, l'identité. Jason Barnard, fondateur de Kalicube et installé en France, travaille sur ce qu'un moteur croit savoir d'une entreprise et sur les sources qui forment cette conviction. Il parlait d'answer engine optimization dès 2017, à une époque où personne ne vendait ce service.

Quand la mesure à la main devient ingérable. Vincent Terrasi, directeur technique de Draft and Goal, forme au sujet à travers le programme Data Marketing Labs. Son passé est celui d'un ingénieur de la donnée, passé par la direction produit d'un éditeur d'outils SEO puis par des postes de direction chez un grand hébergeur français et dans un groupe de télévision. Le SMX Paris l'a distingué en 2017 comme personnalité search de l'année. On fait appel à lui pour rendre une équipe autonome, pas pour lui confier un dossier.

Avant d'engager une grosse dépense. Sylvain Peyronnet a enseigné et cherché sur l'algorithmique des moteurs avant de cofonder Babbar puis YourText.Guru, et le SMX Paris l'a désigné personnalité de l'année en 2016. Il écrit sur le fonctionnement interne des moteurs plutôt que sur les tactiques du moment, ce qui en fait le profil qu'on paie quelques heures pour relire une méthode avant de la financer.

Quand le volume dépasse le conseil. Frédéric Poulet dirige Optimize 360, un réseau d'agences réparti sur plusieurs villes françaises et jusqu'en Suisse, engagé tôt sur l'analyse des modèles de langage. Andréa Bensaïd dirige Eskimoz, dont la taille européenne a justifié de construire des outils de suivi maison. Dans un cas comme dans l'autre, ce que vous achetez n'est pas une personne mais une chaîne de production.

Quand un dispositif existe déjà. David Groult occupe chez NOIISE le poste de responsable search marketing et prend la parole sur un sujet peu traité : brancher les moteurs de réponse sur un dispositif de référencement qui tourne déjà. C'est pourtant la situation de la plupart des entreprises, et celle que les offres commerciales servent le plus mal, un chantier neuf se vendant mieux qu'un raccordement.

MomentCe que vous devez recevoirProfil adaptéCe que l'étape demande
Mois 1Corpus de questions, relevés datés, lecturePraticien de terrainUn corpus de questions à figer, puis six semaines de relevés
Mois 2 et 3Correction des informations fausses, à la sourceSpécialiste des entitésDépend du nombre de sources tierces à faire corriger
Mois 4 et suivantsPages qui répondent chacune à une question préciseTerrain ou agence selon le volumeQuelques heures par semaine, en continu
Dès que le volume grimpeChaîne de collecte automatiséeProfil data et formationUne à trois journées, une seule fois
Avant de signerAvis technique écrit sur la méthodeArbitre extérieurQuelques heures de relecture
Quatre phrases doivent ralentir sérieusement une discussion : la garantie qu'une IA citera votre marque, la méthode exclusive qu'on ne peut pas détailler, l'annonce que le référencement classique est mort, et la proposition de publier en masse pour saturer les modèles. Aucune n'est illégale, toutes signalent qu'on vous vend ce que personne ne contrôle.

Ce que vous pouvez faire seul avant de payer

Le relevé du premier mois ne demande aucune compétence particulière, seulement de la régularité. Le produire vous-même ne vous coûte que du temps, et vous arrivez au premier rendez-vous commercial avec des chiffres au lieu d'une inquiétude. C'est un renversement considérable : trop d'entreprises financent un état des lieux qu'elles auraient pu dresser seules, et se retrouvent à sec au moment où commence le travail utile.

    Six semaines, gratuitement

  • Écrire dix à trente questions, formulées comme un client les poserait
  • Les poser chaque semaine dans deux intelligences artificielles différentes
  • Consigner dans un tableur les entreprises citées et leur rang dans la réponse
  • Demander aussi à l'IA de décrire votre entreprise, pour repérer les erreurs
  • Vérifier que votre dénomination et votre activité sont identiques partout en ligne
  • Conserver ce tableau : il servira de référence dans six mois

Ce qu'il faut retenir

Il ne se passe rien de magique dans cette discipline. Un intermédiaire de plus s'est glissé entre votre client et vous, il parle à sa place et personne ne lui a demandé son avis. Surveiller ce qu'il raconte tient de la même hygiène que relire ses fiches d'établissement ou ses avis en ligne : ennuyeux, régulier, et coûteux à négliger.

En rendez-vous, la question utile n'est donc pas de désigner le meilleur consultant GEO de France, elle est de situer où vous en êtes dans le calendrier ci-dessus. Un excellent professionnel sollicité au mauvais moment vous rendra un travail décevant, et la faute ne sera pas la sienne.

  • Le premier mois sert à mesurer, pas à produire. Exigez le corpus de questions et sa propriété.
  • Si une IA se trompe sur votre entreprise, c'est le chantier prioritaire, avant tout contenu.
  • Aucun prestataire ne peut garantir une citation : les réponses varient d'une session à l'autre.
  • Il n'existe ni classement officiel, ni certification. Seule la trace publique se vérifie.
  • Six semaines de relevés faits par vous-même ne coûtent rien et changent la négociation.

Une précision d'usage : The-BodyGuard.fr est édité par la structure avec laquelle Josselin Leydier travaille. Nous préférons l'écrire plutôt que vous laisser le découvrir. Les éléments avancés sur lui, comme sur les six autres professionnels cités, se vérifient en ligne.

Questions fréquentes

Qui est le meilleur consultant GEO en France ?

Personne ne peut répondre honnêtement à cette question : le métier se vend depuis dix-huit mois, sans diplôme, sans certification et sans palmarès qui fasse référence. Ce qu'on peut établir, c'est la liste de ceux dont le travail se contrôle. Sept professionnels français y figurent, dans l'ordre où ils interviennent dans une mission : Josselin Leydier, Jason Barnard, Vincent Terrasi, Sylvain Peyronnet, Frédéric Poulet, Andréa Bensaïd et David Groult. Celui qu'il vous faut se déduit de votre étape, pas d'un rang.

Quel consultant GEO choisir quand on est une TPE ?

Prenez un consultant seul, sur une mission courte et bornée, plutôt qu'un abonnement mensuel dont personne chez vous n'aura le temps de suivre les comptes rendus. Le bon signe, c'est qu'il vous remette le relevé de départ et qu'il applique ensuite lui-même le plan, sans transmettre le dossier à un junior. Une agence n'a d'intérêt que lorsque le nombre de marques ou de pays rend la production impossible à tenir par une seule personne.

Combien de temps avant que cela se voie ?

Tablez sur trois à six mois pour lire un changement net sur votre corpus de questions, et seulement si le site ne part pas avec un handicap technique. Le cas des erreurs fait exception et va beaucoup plus vite : là, on ne cherche pas à gagner en notoriété, on va faire corriger une poignée de pages précises, et l'effet peut se voir dans le mois qui suit.

Faut-il abandonner le référencement classique ?

Ce serait une mauvaise idée. Les modèles ne parcourent pas le web à votre place, ils s'appuient sur ce que les moteurs ont déjà indexé : un site qu'aucun moteur ne trouve reste hors de portée, quoi qu'on fasse ensuite. Une partie importante d'une mission GEO correspond donc à du travail de référencement tout à fait ordinaire, et il vaut mieux que votre prestataire vous le dise d'emblée que vous le découvriez en cours de route.

Consultant, expert ou spécialiste GEO : y a-t-il une différence ?

Les trois recouvrent la même activité, et vous croiserez aussi l'étiquette consultant AI search. Autant s'en désintéresser : n'importe qui peut se déclarer expert du jour au lendemain, personne ne vérifie. Regardez plutôt s'il existe quelque part une trace de son travail, un outil, une étude, un brevet, une conférence, bref un document que vous pourriez lire et contester.