Selle trop grosse ou bloquée : causes, solutions et quand s'inquiéter
Quand une selle trop dure ou trop grosse reste bloquée, trois gestes aident tout de suite : surélever les pieds sur un tabouret pour se mettre en position presque accroupie, pousser doucement en expirant au lieu de bloquer sa respiration, et, si rien ne vient après une dizaine de minutes, utiliser un suppositoire à la glycérine ou un petit lavement vendu en pharmacie sans ordonnance. Les laxatifs pris par la bouche agissent en un à trois jours : ils préviennent le blocage suivant, ils ne débloquent pas celui du moment. Une douleur intense, des vomissements, un ventre très gonflé ou l'arrêt total des gaz imposent de consulter sans attendre.
Les gestes qui débloquent dans l'immédiat
Se mettre en position accroupie
Posez les pieds sur un petit tabouret de 15 à 20 cm, genoux plus hauts que les hanches, buste légèrement penché en avant, coudes sur les cuisses. Assis droit sur la cuvette, le dernier segment de l'intestin forme un coude qui retient les selles. En position accroupie, ce coude s'ouvre et le passage se redresse.
Pousser en expirant
Bloquer sa respiration et pousser de toutes ses forces contracte aussi le sphincter. Inspirez, puis poussez doucement en soufflant par la bouche, comme pour gonfler un ballon, ventre relâché. Faites des pauses.
Masser le ventre
Du plat de la main, massez le bas du ventre en cercles, dans le sens des aiguilles d'une montre, qui suit le trajet du côlon vers le rectum.
Ne pas insister plus de dix minutes
Rester longtemps sur les toilettes à forcer favorise les hémorroïdes et les fissures. Mieux vaut se lever, boire un grand verre d'eau tiède, marcher un peu, et réessayer plus tard.
Pourquoi une selle devient dure et volumineuse
Le côlon absorbe l'eau des selles pendant tout leur trajet. Plus elles y restent longtemps, plus elles sèchent, durcissent et s'agglomèrent. Les médecins utilisent l'échelle de Bristol, qui classe les selles en sept types : les types 1 et 2, en petites billes dures ou en boudin bosselé, signalent un transit lent. Le cercle s'entretient de lui-même : une selle dure fait mal, on se retient, elle reste plus longtemps et durcit encore.
- Boire trop peu, surtout par temps chaud ou en voyage
- Une alimentation pauvre en fibres
- Le manque d'activité physique, un alitement
- L'habitude de se retenir, au travail ou hors de chez soi
- Certains médicaments : opioïdes et codéine, fer, certains antidépresseurs, antiacides à l'aluminium
- La grossesse, sous l'effet des hormones
Les causes les plus fréquentes
Les laxatifs agissent en un à trois jours
Les laxatifs osmotiques, comme le macrogol ou le lactulose, retiennent de l'eau dans l'intestin et ramollissent les selles. Ce sont les plus doux et ceux que les médecins conseillent en premier, mais leur effet se fait sentir au bout de 24 à 72 heures. Les laxatifs de lest, à base de son ou de psyllium, augmentent le volume des selles et doivent être pris avec beaucoup d'eau. Les laxatifs stimulants, plus irritants, ne doivent servir que ponctuellement.
Le bon enchaînement face à une selle bloquée est donc double : un suppositoire ou un microlavement pour l'immédiat, un laxatif osmotique et de l'eau pour que la suivante soit molle. Un laxatif pris seul sur un bouchon déjà formé au bout de l'intestin peut provoquer des crampes sans le faire sortir.
Le fécalome touche surtout les personnes âgées
Quand une masse de selles dures reste coincée dans le rectum et ne peut plus sortir seule, on parle de fécalome. Il touche surtout les personnes âgées, alitées ou peu mobiles, et celles qui prennent des médicaments constipants. Un signe trompe souvent l'entourage : des selles liquides qui s'écoulent autour du bouchon, prises à tort pour une diarrhée. Chez une personne âgée, le fécalome peut aussi se manifester par une agitation, une confusion ou un refus de s'alimenter, sans plainte digestive claire.
Le fécalome se traite par un lavement, parfois répété, et si besoin par une extraction manuelle réalisée par un médecin ou un infirmier. Il ne faut jamais tenter de retirer soi-même une selle avec un objet : le risque de blessure de la muqueuse rectale est réel.
Chez l'enfant la douleur entretient le blocage
Un enfant qui a eu mal en allant à la selle a tendance à se retenir, ce qui durcit la selle suivante et rend le passage encore plus douloureux. On le voit se raidir, croiser les jambes, se cacher. Ce cercle se casse en ramollissant les selles pendant plusieurs semaines, sur avis du médecin, et en installant un passage aux toilettes après les repas, pieds bien posés sur un marchepied. Chez le nourrisson et le jeune enfant, n'utilisez pas de suppositoire ou de lavement sans avis médical.
Les fibres ne marchent qu'avec de l'eau
Les fibres augmentent le volume des selles et les gardent souples, à condition d'avoir assez d'eau pour gonfler. Augmenter brutalement les fibres sans boire davantage peut au contraire durcir les selles et provoquer des ballonnements. Mieux vaut augmenter progressivement, sur une à deux semaines, et boire environ un litre et demi d'eau par jour, plus en cas de chaleur ou d'effort, comme l'explique notre article sur la quantité d'eau à boire chaque jour.
Les pruneaux sont l'aliment le plus efficace : à leurs fibres s'ajoute le sorbitol, un sucre qui attire l'eau dans l'intestin. Cinq ou six pruneaux par jour, ou un verre de jus de pruneau, ont un effet comparable à celui d'un laxatif doux. Kiwis, légumineuses, flocons d'avoine, légumes et pain complet complètent une assiette favorable au transit.
Une heure fixe après le petit-déjeuner
Le côlon se contracte davantage après un repas, surtout le matin : c'est le réflexe gastro-colique. Prendre le temps d'aller aux toilettes une vingtaine de minutes après le petit-déjeuner, tous les jours à la même heure, aide à installer un rythme. Répondre à l'envie dès qu'elle se présente compte autant : chaque fois qu'on la repousse, la selle reste plus longtemps dans le côlon et sèche davantage. La marche quotidienne, même une demi-heure, entretient les contractions de l'intestin.
- Dans l'immédiat : pieds surélevés, poussée en expirant, puis suppositoire à la glycérine ou microlavement.
- Les laxatifs par la bouche agissent en un à trois jours et préviennent la récidive.
- Les fibres n'aident qu'avec de l'eau, augmentées progressivement.
- Douleur intense, vomissements, ventre dur ou arrêt des gaz : consultation en urgence.
- Chez une personne âgée, une fausse diarrhée peut cacher un fécalome.
Questions fréquentes
Combien de temps peut-on rester sans aller à la selle ?
Entre trois selles par jour et trois par semaine, le rythme est considéré comme normal. En dessous de trois par semaine, avec des selles dures ou des efforts importants, on parle de constipation. Au-delà de trois ou quatre jours sans selle avec un inconfort, un suppositoire à la glycérine peut aider, et un avis médical s'impose si cela se répète.
L'huile de paraffine est-elle une bonne idée ?
Elle lubrifie les selles et peut dépanner ponctuellement, mais elle est déconseillée en usage prolongé, chez l'enfant de moins de trois ans, et chez les personnes qui avalent de travers, à cause du risque de fausse route vers les poumons. Elle peut aussi suinter par l'anus et tacher le linge.
Pourquoi ai-je du sang sur le papier après une grosse selle ?
Un peu de sang rouge vif sur le papier après une selle dure vient le plus souvent d'une fissure anale ou d'une hémorroïde. Cela doit malgré tout être signalé au médecin, surtout si cela se répète, si le sang est plus foncé ou mélangé aux selles, ou après 50 ans.
Le café aide-t-il à aller à la selle ?
Chez beaucoup de personnes, oui : le café stimule les contractions du côlon dans les minutes qui suivent, y compris le décaféiné dans une moindre mesure. Il peut donc aider à installer la routine du matin, sans remplacer l'eau.